Entretien avec Tim Hatley, créateur du décor et des costumes du spectacle "Bodyguard, Le Musical".


Pour un scénographe, c’est toujours un défi de créer les décors d’un spectacle inspiré d’un livre ou d’un film connu. Le théâtre a un langage visuel très différent de celui d’un film, et c’est mon travail de créer et développer des représentations visuelles, de les rendre spécifiques et de tirer parti du contexte vivant qu’est le théâtre. 

Un bon décor devrait être comme un membre de la troupe supplémentaire, et pas quelque chose qui attire l’attention ou qui obstrue la narration. Pour Bodyguard, j’ai essayé de laisser l’histoire se dérouler simplement, dans l’économie visuelle, et d’imposer notre propre langage. Le décor a été inspiré du film mais totalement réinventé pour la scène.  

J’ai travaillé sur Bodyguard pendant 18 mois, un parcours qui a commencé par lire le livret, écouter la musique, revoir le film et écouter très attentivement les idées Thea Sharrock, la metteuse en scène. Dans mon processus de création je fais toujours intervenir très tôt un travail de proximité avec le metteur en scène, à qui je communique mes pensées par des dessins, des maquettes et des story-boards détaillés qui illustrent le récit de mes idées de design.

Chaque spectacle vous lance ses propres défis. Le livret de Bodyguard est rythmé dans un style cinématographique, et les lieux sont nombreux et variés. Il y a très peu de temps pour les changements de lieu, ou pour que les comédiens changent de costume d’une scène à l’autre. Du coup, mon défi est de changer les lieux rapidement et avec élégance, sans arrêter l’action. Ce qui signifie souvent que les acteurs n’ont pas le temps de quitter la scène, donc j’ai développé un monde qui permet à l’environnement de changer autour d’eux. 

Une fois que les idées sont validées, alors je commence à collaborer et à partager mon travail avec une tonne de gens issus de plusieurs départements : chorégraphie, lumières, projection vidéo, son, musique, costumes, accessoires, avec les techniciens, les constructeurs, les peintres, aussi bien qu’avec la direction de production, les comédiens et toute l’équipe de régie scénique, afin de m’assurer que nous travaillons tous dans le même sens et que nous avons le même objectif. Un décor doit sa réussite aux centaines de talentueux collègues qui contribuent à porter des idées du papier à la scène. 




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